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Petite entreprise - Plan d'ensemble des normes et lignes directrices sur les capacités et compétences en gestion pour le propriétaire-exploitant-entrepreneur d'une petite entreprise

Cadre des compétences et capacités en gestion d'un exploitant-propriétaire de petite entreprise, et des normes y afférentes

Pour la plupart, le travail d’élaboration de normes est axé sur les professions et les métiers. Les normes soit sont régies par des règlements soit elles ne le sont pas. La plupart des normes régies par des règlements sont sous juridiction provinciale. Les normes qui ne le sont pas relèvent généralement de programmes de certification parrainés par des employeurs ou associations. Les normes de gestion de ce projet ne sont pas régies par des règlements. En dehors des désignations institutionnelles par des universités et collèges, il y a très peu de normes intersectorielles dans le domaine de la gestion et de la petite entreprise.

On a tendance à croire que les écoles de commerce répondent à ce besoin de compétences. S’il est vrai qu’il existe de nombreuses publications apportant des connaissances dans tous les domaines de compétences, il y en a toutefois beaucoup moins qui répondent aux caractéristiques et aux besoins d’apprentissage du propriétaire-exploitant d’une petite entreprise. Les banques essaient d’apporter une aide dans ce domaine. Ainsi, toutes les grandes banques diffusent dorénavant des publications afin d’aider les propriétaires de petites entreprises à devenir de meilleurs gestionnaires, surtout dans le domaine de la gestion financière. En particulier, la Banque de développement du Canada est peut-être allée le plus loin en publiant des documents d’apprentissage conviviaux et en mettant en place des programmes destinés aux propriétaires-exploitants de petites entreprises.

À l’heure actuelle, la reconnaissance et l’utilisation de normes de rendement en gestion sont très limitées. Le Conseil canadien des ressources humaines en tourisme est le plus avancé dans l’élaboration de normes pour les propriétaires-exploitants. Le présent document se penche sur plusieurs d’entre elles. Aucun autre conseil sectoriel n’a mis en place des normes de gestion, et plus particulièrement des normes pour les petites entreprises. Sur la scène internationale, le modèle australien a été mentionné comme étant une approche valable aux normes dans le contexte canadien. Ces deux approches sont d’ailleurs examinées un peu plus loin.

Diverse approches aux normes relatives aux propriétaires-exploitants de petites entreprises

Le modèle australien
La norme

La norme de compétence australienne pour la petite entreprise6 repose sur un cycle économique dans lequel six unités de compétences ont été déterminées, soit 1) confirmer une possibilité d’affaires, 2) évaluer les variables de l’entreprise, 3) concrétiser le plan d’affaires, 4) utiliser efficacement les ressources, 5) contrôler les relations avec le client, et 6) superviser les tendances pour rester concurrentiel.

Du fait qu’il repose sur le cycle économique, le processus entraîne une rétroaction et se répète de lui-même. Il pourrait servir non seulement au lancement d’une nouvelle entreprise mais également à l’élaboration de nouveaux produits ou encore à l’expansion d’une entreprise.

Les unités de compétences sont ensuite réparties en sous-éléments et appuyées par des critères de rendement. Par exemple, l’unité 1 - Confirmer une possibilité d’affaires a comme élément 1 - Déterminer la possibilité d’affaires, et comme élément 2 - Établir la demande du marché. Des critères du rendement sont arrêtés pour ces éléments.

Sous l’unité 1, il existe quatre éléments et de nombreux critères de rendement. Ce processus est répété pour les six UNITÉS et éléments.

Une fois la norme élaborée puis approuvée elle sert à ce qui suit :

  • reconnaissance des acquis;
  • élaboration de cours : formation interne et externe
  • validation - mise en place de normes de compétences pertinentes
  • prestation souple de la formation
  • évaluation : en fonction des normes de compétences
  • certification : cadre national de reconnaissance de la formation (CNRF).

La définition d’une petite entreprise est un facteur important de l’élaboration de ce modèle. Par petite entreprise, on entend les entreprises manufacturières qui emploient 100 personnes ou moins et les entreprises de construction et de services qui emploient 20 personnes ou moins. Cette définition tient compte généralement de certaines caractéristiques d’organisation et de gestion, par exemple le propriétaire de l’entreprise est indépendant, le propriétaire-exploitant prend les décisions finales et apporte la plus grande partie du capital de fonctionnement. Ces caractéristiques, comme l’ont démontré les recherches, sont importantes pour l’élaboration de normes et expliquent l’utilisation du cycle économique comme cadre de compétences.

Élaboration de normes

L’élaboration de normes intersectorielles ne se limite pas à «une norme commune», mais fait plutôt appel au cadre générique des industries pour arrêter le contenu spécifique à chaque cas. En principe, cette approche pourrait très bien convenir aux conseils sectoriels du Canada. Ce concept est d’ailleurs déjà mis en oeuvre de façon toutefois limitée par l’industrie du tourisme.

Le processus d’élaboration de normes comporte une structure exhaustive et a un rapport avec le gouvernement national et les États. La supervision du bureau des normes de compétences en gestion pour la petite entreprise revient au National Training Board qui fournit des directives pour l’ensemble du pays. Ce processus tient compte des lignes directrices sur l’élaboration de programmes d’études en vertu du CNRF. Dans la plupart des cas, la reconnaissance des titres professionnels se fait par l‘intermédiaire des State Training Authorities qui respectent les lignes directrices du CNRF.

L'approche canadienne

Trois options ont été retenues pour l’élaboration de normes nationales :

  • une approche ascendante motivée par les besoins des groupes de métier, des professionnels, des organisations syndicales et des entreprises;

  • une agence interprovinciale des normes semblables au modèle australien, appuyée par un organisme coordonnateur national pour toutes les normes; et

  • une approche hybride dans le cadre de laquelle les gouvernements apportent une aide aux parties prenantes pour coordonner les activités touchant les normes qui pourraient entraîner l’élaboration de normes nationales, soit l’approche des conseils sectoriels.

Les normes et l’élaboration de capacités pour les métiers et organismes professionnels sont une compétence provinciale, à l’exception du domaine des transports maritimes et aériens. La responsabilité fédérale en matière d’élaboration des normes incombe en grande partie à Développement des ressources humaines Canada, bien qu’il y ait un certain chevauchement d’activités communes. DRHC se concentre sur l’élaboration de normes de formation professionnelle, Industrie Canada étant responsable de l’élaboration de compétences en gestion, plus particulièrement dans le domaine de la petite entreprise.

La CCMMO fait quant à elle la promotion de normes nationales mais n’a aucune compétence pour superviser l’élaboration de normes.

Les conseils sectoriels jouent un plus grand rôle dans l’élaboration de normes pour l’industrie puisque cela fait partie de leur mandat. En dehors des professions régies par des règlements, sous compétence provinciale, l’élaboration de normes non régies par des règlements, pour l’industrie, nécessite une approche ascendante et une aide financière des gouvernements, et c’est là une des raisons pour lesquelles les conseils sectoriels sont considérés comme un véhicule potentiel pour l’élaboration de normes. L’approche hybride quant à elle répond davantage aux besoins des partenaires et est suffisamment souple pour élaborer une vaste gamme de normes telles que des normes intersectorielles. Nombre de conseils sectoriels ont déjà élaboré des normes professionnelles. Le présent projet représente une grande étape vers l’examen de deux questions : a) l’élaboration d’une norme de gestion pour les propriétaires-exploitants de petites entreprises, et b) la possibilité d’élaborer des normes génériques intersectorielles.

Le Conseil canadien des ressources humaines en tourisme fournit le cadre qui permet d’élaborer une série générique de capacités en gestion pour le propriétaire-exploitant d’une petite entreprise, et dont tous les conseils pourraient se servir.

Normes du conseil canadien des resources humaines en tourisme (CCRHT)

Le mandat principal du Conseil est d’élaborer des normes et, si possible, des normes nationales. Les membres du Conseil ont déjà préparé une soixantaine de normes professionnelles dont plus de 20 sont reconnues à l’échelle nationale. Plusieurs de ces normes sont déjà intersectorielles, particulièrement celles qui sont au niveau de la gestion et celles qui sont destinées aux propriétaires-exploitants de petites entreprises.

Les membres du Conseil des ressources humaines en tourisme représentent des structures (institutions) déjà élaborées dans l’industrie aux niveaux national et provincial. Le Conseil agit comme organisme-cadre pour rassembler ces groupes afin d’élaborer des normes. Dans une certaine mesure, le Conseil compte plusieurs des éléments du modèle australien (organismes provinciaux et organisations nationales), et est l’une des raisons pour lesquelles les normes évoluent et sont utilisées de plus en plus à l’échelle nationale. Par ailleurs, le fait qu’il existe de nombreux sous-groupes dans l’industrie du tourisme explique que plusieurs normes intersectorielles ont été élaborées.

Un des facteurs fondamentaux de l’élaboration de normes dans l’industrie du tourisme est la souplesse parmi les membres du Conseil dans l’élaboration de telles normes. Tous les organismes provinciaux ne participent pas à la production de normes et toutes les normes élaborées ne sont pas acceptées à l’échelle nationale. Le processus d’élaboration de normes intersectorielles génériques au niveau des conseils sectoriels doit comporter cette même souplesse. En effet, tous les conseils ne doivent pas nécessairement participer à l’élaboration d’une norme, et il n’est pas nécessaire que les normes soient acceptées à l’échelle nationale par tous les groupes de l’industrie.

Processus d’élaboration des normes

Le processus d’élaboration des normes du CCRHT, expliqué à l’annexe 2, comporte six étapes et fait appel à la participation de l’industrie dans tous les aspects du processus.

  1. Recruter les membres du Comité de validation de l’industrie (CVI) et du Comité consultatif des normes de l’industrie (CCNI)
  2. Définir la profession
  3. Rédiger la norme
  4. Examiner la norme
  5. Valider la norme
  6. Réviser la norme

Le Comité de validation doit être composé de 80 % de personnes expérimentées, de 15 % de superviseurs immédiats et de 5 % d’éducateurs.

Les normes élaborées sont des points de référence pour évaluer le rendement et évoluent toujours en raison des changements à la technologie et(ou) aux méthodes de gestion. Il faut donc constamment mettre à jour les normes et incorporer de nouvelles idées et méthodes pour que les normes soient pertinentes à l’industrie.

Le Conseil a reconnu la nécessité d’avoir des normes au niveau des travailleurs et travailleuses et à celui de la direction, ainsi que pour le propriétaire-exploitant d’une petite entreprise. Aucun autre conseil n’a élaboré de normes au niveau de la gestion ni pour la petite entreprise.

Contexte de l'application des normes du tourisme

L’utilisation de la norme du Conseil du tourisme pour l’exploitant d’une petite entreprise afin d’élaborer une série plus vaste de capacités en gestion pour l’ensemble de l’industrie et des conseils, pour le propriétaire-exploitant d’une petite entreprise, repose sur plusieurs facteurs :

  • les blocs de compétences de base et les capacités en gestion y afférentes sont pris en compte dans de nombreuses autres structures de normes et déterminent les capacités en gestion pour les micro-entreprises;
  • les facteurs de succès et d’échec de nombreuses petites entreprises sont les séries de capacités déterminées dans cette norme;
  • le processus d’élaboration des normes comporte un cadre qui évite de réinventer entièrement un processus;
  • aucune autre norme générique ne permet de répondre aux besoins du propriétaire-exploitant d’une petite entreprise;
  • la norme a déjà une dimension intersectorielle puisqu’elle tient compte des besoins de huit sous-groupes, et
  • le processus comporte une grande souplesse dans l’élaboration de normes pour toutes les industries.

Afin de procéder à l’élaboration de capacités en gestion dans le contexte d’un cadre tel qu’il est précisé dans le processus d’élaboration de normes à l’annexe 2, il faut la participation des conseils sectoriels, des organismes gouvernementaux et d’autres intervenants tels que la Banque de développement du Canada et des associations de petites entreprises, selon la nature de la norme.

En ce qui a trait à l’élaboration de compétences en gestion, il n’est pas nécessaire que les séries de capacités et les critères de rendement d’un propriétaire-exploitant d’une petite entreprise soient compliquées pour mettre en place les comités nécessaires. Le comité de travail agit comme organisme chargé de superviser la mise en place du projet. Le comité pourrait être constitué de propriétaires de petites entreprises représentant chaque conseil membre (il suffit de deux à trois personnes d’affaires) et d’autres parties intéressées (Banque de développement du Canada, Institut des banquiers, par exemple). Une fois les structures déterminées, il est alors possible d’examiner, de modifier puis de valider les capacités en gestion (annexe I). Ce processus est expliqué dans le détail à l’annexe II.

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